MIÊDZYNARODOWY KLUB HISTORII IDEI UJ

IM. JERZEGO I LECHA KALINOWSKICH

 

 

 

 

     

94. spotkanie

4 listopada 2010

Boris Klein

 

Aux origines de nos pratiques universitaires : les transformations de l’université protestante allemande l’âge classique

Partout dans le monde aujourd’hui, un meme modele d’université semble s’etre imposé, fondé sur des frontieres disciplinaires précises et la valorisation de la figure de l’enseignant-chercheur. Lorsqu’il est question des origines de cette matrice devenue universelle et incontestée, les historiens se tournent souvent vers le XVIIIeme siecle allemand, célebre pour ses Lumieres et ses nouvelles fondations universitaires comme Göttingen.
Si l’espace germanique protestant connut effectivement une période intellectuellement faste a cette époque, le regard doit cependant remonter plus loin pour saisir le point de départ des profonds changements qui ont donné naissance a l’université moderne. Derriere son conservatisme apparent, le XVIIeme siecle fut ainsi le théâtre d’évolutions lentes qui ont plus tard rendu possible une nouvelle façon de penser l’organisation et la transmission des savoirs.
A partir de l’exemple d’une université du nord de l’Allemagne aujourd’hui disparue, il est possible de s’attarder sur ces changements progressifs qui ont peu a peu fait disparaître certaines caractéristiques des universités héritées du Moyen Age, pour préparer le terrain a l’émergence des institutions contemporaines, composées de fonctionnaires chercheurs.

Version n°1 (rappel)

Haut lieu de l’humanisme et berceau de la Réforme au XVIeme siecle, l’espace germanique vit naître au XVIIIeme siecle un nouveau modele d’université fondée sur des frontieres disciplinaires précises et la valorisation de la figure de l’enseignant-chercheur. Repris au XIXeme siecle et exporté ensuite, ce modele devint la matrice qui gouverne aujourd’hui encore le fonctionnement des universités partout dans le monde. Si ces deux périodes intellectuellement fastes et porteuses de grandes évolutions, l’âge de l’humanisme et celui des Lumieres, sont généralement bien étudiées, la période intermédiaire du XVIIeme siecle est cependant moins connue.
Or, un regard appuyé sur les universités du monde allemand protestant a cette époque permet de mieux saisir de quelle maniere le terrain des futurs grands changements fut préparé. A partir de l’exemple de l’université de Helmstedt dans le duché de Brunsvick, deux voies peuvent ainsi etre explorées :
d’abord, les archives permettent de mieux comprendre les rapports entre les Etats modernes et les établissements universitaires : a l’ere de la confessionnalisation et au sortir de la Guerre de Trente Ans, les Etats de plus en plus bureaucratiques entendent imposer un contrôle étroit aux universités situées sur leur territoire. Ainsi, ils contribuent tout au long du XVIIeme siecle a transformer lentement les professeurs en fonctionnaires ayant intériorisé de nouvelles contraintes, comme le montrent notamment les nombreux rapports d’activités rédigés par le personnel enseignant.
D’autre part, l’étude des leçons privées qui étaient dispensées en marge des cours officiels permet de replacer certaines innovations du XIXeme siecle dans une perspective historique plus longue : ainsi, l’éclosion des séminaires de recherche trouve ses origines dans des pratiques bien antérieures au siecle des Lumieres.
De façon générale, l’étude des universités allemandes au XVIIeme siecle permet d’atténuer la force de certaines ruptures que l’on s’est habitué a souligner dans l’histoire de ces institutions et des idées en Occident.

AUTEUR :
Boris Klein, né le 30/03/1978, professeur agrégé d’histoire, titulaire en section européenne-allemand au lycée La Martiniere-Duchere a Lyon. Inscrit en doctorat d’histoire a l’université Lumiere Lyon 2 sous la direction de M. Olivier Christin, les recherches portant sur la transmission des savoirs au sein des universités allemandes au XVIIeme siecle.

Parutions :
« Les Finalités de l’enseignement de l’histoire : du lycée français au Gymnasium hessois », Le Cartable de Clio, Loisirs et Pédagogie, Lausanne (n°3, 2003).

« Leçons privées - a propos de l’importance et de la fonction des privatvorlesungen au sein des universités allemandes au XVIIeme siecle », Revue de synthese, Paris (juin 2010).


Coordonnées :
Klein Boris
13 passage Dumont,
69 004 Lyon.
borisklein@voila.fr

 

    Spotkanie objête jest honorowym patronatem JM Rektora UJ, Dziekana Wydzia³u Filozoficznego, Konsula Generalnego Republiki Austrii w Krakowie, Konsula Generalnego Francji w Krakowie, Dyrektora Instytutu Francuskiego w Krakowie, Dyrektora Goethe Institut w Krakowie.